Tuesday, 22 May 2012

Here's a quarter, go buy yourself a clue

"Don't hate the media, become the media~Jello Biafra

TL;DR: Ôtez-vous de mon chemin. Je suis pour la hausse. Pas de raison de manifester, pour l'instant.

Je ne veux rien savoir des manifs, de la loi 78, de l'autre loi à Montréal, des hausses des frais de scolarité ou alors si vous êtes pour au contre. Je n'en ai rien à faire. Y'a tellement d'autres chats à fouetter. Je "recommence" l'école pour la session d'automne à l'UQAM en informatique (de soir, temps partiel). Arrangez vous pour pas me faire chier et pas être dans mes pattes à ce moment là.

Pour ceux qui se questionnent; mes opinions sont simples:
  • Je peux payer mes cours sans problème, alors la hausse, ça ne me touche pas, tant que c'est raisonnable. Ça l'est pour l'instant, à mon avis.
  • L'éducation doit être accessible à qui le veut bien, mais ca veut pas dire qu'une hausse va véritablement dramatiquement changer les choses.
  • Le gouvernement se doit de bonifier les prêts et bourses de toute façon, pour aider les gens qui ont du talent ou du potentiel à faire valoir ce potentiel et leur droit à l'éducation.
  • L'éducation est un droit, certes, mais il n'est pas indispensables. Si on a que des doctorants, qui va être plombier, ramasser les vidanges, etc? Ca en prend de tous les niveaux, de toutes les cultures et de tous les niveaux d'éducation, il n'y a pas de sous-emploi.
  • Suivant cette ligne de pensée, travailler risque d'aider fortement à pouvoir se payer les frais de scolarité. Pas oubligé d'aller directement à l'université après le CEGEP, pas oubligé d'y aller à temps plein. Je serai le cobaye de ce que j'avance, mais je serais fort surpris d'apprendre que j'aie tort... (ce que d'autres personnes de mon entourage ont déjà fait également avec succès).
  • Encore sur le même train: /there is no such thing as a free lunch/. Tout se paye, y'a des emplois en jeu, des salaires à payer. Ca doit venir des poches de quelqu'un.
  • Et plus: si ca vient pas directement de l'utilisateur, ca vient forcément des poches de quelqu'un d'autre. Si ce "quelqu'un" d'autre est le gouvernement, c'est qu'implicitement ca vient globalement des poches de la population au complet.
  • Pour terminer, toujours sur la même pensée: je ne devrait pas devoir payer pour donner un meilleur salaire potentiel, pour ouvrir des portes à quiconque, sauf moi-même (et mes enfants, mais alors voir plus haut, ils paieraient eux-mêmes avec aide, et potentiellement bourses, etc.)
  • Je suis totalement pour le fait de donner une chance égale à tous, et une éducation convenable à l'ensemble de la population, de façon à partir sur un pied d'égalité. En ce sens, la "gratuité scolaire" est tout à fait sensée au niveau primaire et secondaire, et même au niveau collégial. Il en va d'une compréhension correcte des maths, du français, de l'anglais, etc., ainsi que d'apprendre à apprendre/développer un sens critique. On veut pas des moutons qui suivent ce qu'on leur dit, mais des personnes sensées qui ont leurs propres idées. Cela ne veut pas pour autant dire que l'enseignement universitaire devrait être cette "base commune", où on apprend d'avantage des concepts plus pointus, où on se spécialise, etc.
  • Le point ci-haut implique un changement de mentalité radical des entreprises. Doit-on vraiment rendre indispensable un papier signé pour signifier une compréhension d'une matière (et attention, il y a des exceptions, la médecine, le droit, l'enseignement, etc.)? En informatique, je ne suis pas du tout convaincu de sa nécessité. Je préférerais engager des postulants qui prouvent leur compréhension technique et *active*, *dans le vrai monde*, basée sur expérience ou sur un potentiel clair (test d'aptitudes, entrevues poussées), qu'un postulant fraîchement sorti de l'université avec son diplôme.
  • Je ne considère pas la loi 78 antidémocratique. Interdire les manifestations, les restreindre, etc., le serait. Demander de bien vouloir annoncer les quand, comment, pourquoi, c'est simplement donner un outil aux policiers pour pouvoir assurer la sécurité des manifestants et du reste de la population. Imaginez si ça devait tourner à un affrontement entre différents groupes de citoyens? (oh wait...) Ça donne au moins un indice sur le fait que quelque chose ne fonctionne peut-être pas correctement si les détails (voir précédemment) venaient à changer.
  • Dans le même sens: cette loi sur les masques, dissimulation du visage, etc.; je crois que c'est une bonne chose. Vous n'en avez pas besoin pour mener à bien une manifestation. Sinon, si vous avez quelque chose à cacher, on est en droit de se demander ce que vous faites là, et en droit de penser devoir intervenir. Je ne me servirai pas de ce billet comme d'une tribune pour d'autres instances où la dissimulation du visage est entrave à la vie publique.
Oui, j'y vais à l'UQAM, faire mon certificat, pour mon édification personnelle. Parce que des sujets comme le développement agile et le droit de l'informatique m'intéressent vraiment (pour ne donner que deux exemples). Je suis peut-être fou comme ça, mais je crois que c'est bien ce genre de questionnement, de soif de savoir et ce genre de personnes dont j'aimerais voir le Québec composé. Pas des grognards prêts à tout arracher à la moindre lueur d'un peu de complexité dans leur vie coussinée.

Pour en passer aux manifs; j'aime avoir la PAIX. Pouvoir marcher à Montréal, "ma ville" (erm.. vous comprenez...) sans devoir me demander si je vais être bloqué par des manifestants, par la police, ou par un blocage du métro ou des ponts pour revenir chez moi. Ne pas avoir à me demander si je pourrai passer une soirée tranquille sur une terrasse, ou voir mon auto brûlée par un émeutier ou me faire poivrer par un policier...

Bien sûr, certains peuvent avoir mauvaise attitude, bousculer et tout -- mais ces agents devront répondre de leurs actes et ne sont pas majorité. La police est là pour garder tout le monde en sécurité, ça vient avec beaucoup de stress et de responsabilités, donnons-leur donc un peu de chances. Pas besoin de se mettre en travers de leur travail non plus. Je connais des policiers. Ce ne sont pas que des mauvaises personnes...

Et les manifestants. Sérieusement? Peut-on toujours parler de manifestation si ça tourne à l'émeute (ou presque), une fois sur deux? Du moment où on voit des actes de violence, il me semble que le gros bon sens est de se dissocier du groupe, le plus radicalement et de la façon la plus permanente possible. Déjà après trente jours de manifestations consécutives, on peut comprendre qu'il y ait grogne et mécontentement, mais il me semble que le bon sens me dit, à moi, de "crisser" mon camps et de plus rien avoir à faire avec ces personnes, que ça va tourner mal, que ce n'est qu'une question de temps. En plus, je suis certain qu'il existe d'autres méthodes pour faire des moyens de pression, pour signifier son mécontentement. De bien meilleures méthode qui ne seront pas, d'autant plus, n'empêcheront pas à d'autres de finalement bien pouvoir terminer leur dernière session. De pouvoir enfin travailler (voir plus haut, exceptions aux requis de diplômes).

Finalement, le gouvernement. Bah. À ce point c'en est que triste. Que croyez-vous vraiment qu'ils feront? Pensez-vous sérieusement qu'on arrive à l'orée d'un état policier? Je serais bien le premier à m'insurger. Vous avez, généralement, voté pour le gouvernement qui a été mis en poste. Possiblement comme alternative "la moins pire", mais quand même. Ils sont là pour trouver des solutions et tenter d'arriver à un compromis pour le bien de la population en général. Le fait est qu'en prenant des décisions on arrive tôt ou tard à déplaire à quelqu'un. Je sens que je m'en attire moi-même tout plein, des commentaires sur ce blogue... J'aime quand même mieux faire payer ceux qui étudie pour leurs études que la population globale, qui n'a pas besoin de plus de taxes ou d'impôts, ou de détourner l'argent de d'autres domaines (*toussote* la santé *toussote*) qui en ont bien besoin.

Ce qui m'insulte et me révolte le plus de tout ça, c'est la mésinformation. Si j'ai écris des conneries ici, répondez-moi et j'éditerai. Ou alors j'expliquerai mon raisonnement. Mais le fait que des journalistes construisent des nouvelles, les modifient (donnent leur opinion, ce qui me choque déjà depuis longtemps... en général, à la télé, c'est pas éditorialiste mais journaliste ta job!!! À moins que tu t'appelles Mongrain, Martineau, Lévesque ou même Poirier jusqu'à un certain point, on veut pas connaître ton opinion, juste avoir les faits. (et comme ça, pour les opinions on peut éviter de les regarder)), c'est totalement inacceptable. Mais encore, pas une raison d'aller dans la rue retourner des voitures. D'un autre côté, j'ai vu beaucoup de spéculations sur le sujet. N'oublions pas que les journalistes doivent incorporer un grand nombre de détails disparates pour relater les faits d'un événement comme une émeute. Tout plein d'informations venant de toutes parts, des réseaux sociaux, de la police, de leurs expériences. Des erreurs, on en fait tous. Je préfère donner le bénéfice du doute.

Mais pour terminer, je suis tout simplement amusé par tout ce que je vois, dans les médias, les discussions avec collègues, étudiants ou non, etc. Trop d'opinions (et moi qui en rajoute!), trop peu de faits purs et durs, trop de violence inutile et de grogne mal canalisée. Un nombre impossible d'opiniâtres mal informés... J'en suis peut-être un, même si j'ose croire que tout ce que j'ai écris ici vient de ma propre analyse, colorée par mes propres expériences de toute une vie, et basée sur les faits que j'ai pu trouver et colliger. Avec un peu de chance, il s'agit d'une synthèse pas trop folle d'un situation qui elle, l'est.

Le plus ridicule, c'est maintenant les masques de Guy Fawkes. Anonymous. Y'en a qui ont trop regardé V pour Vendetta... Mais ca me fait penser à une citation du film, justement:
People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people.

N'empêche, on est pas encore rendu à 1984, ni au Londres d'Alan Moore. Quand ce sera le cas, vous me verrez dans la rue moi aussi. En attendant, ôtez-vous de mon chemin et laissez-moi vivre en paix.

Thoughtful discussion and criticism is welcomed, but please send all flames to /dev/null.

6 comments:

Zenthar said...

Bonjours, j'aimerais croire que l'éducation puisse être gratuite, mais je me résigne à ce qu'elle soit accessible (ex: sans-frais, puis remboursable en fonction du salaire ou tout autre moyen similaire).

Je crois que vous avez visé dans le mile quand vous dites qu'un part du problème ce sont les entreprises qui finissent par donner plus d'importance au papier qu'à l'employé lui-même. Bien que je détenne maintenant plus de 135 crédits universitaires, il y a belle lurette que j'ai compris que très peu de ce que j'ai appris que je n'airais pu apprendre par moi-même sur le marché du travail. Si ce n'était de la complexité d'un tel système, je suggèrerais même de taxer un peu les entreprises sur la qualification de leur main-d'oeuvre pour qu'ils arrêtent d'engager des bacheliers ou plus pour des tâches de techniciens; comme je l'ai dit, bcp trop compliqué.

Vous avez également raison quand vous dites que si tout le monde avait un Doctorat, on ne finirait que par avoir des éboueurs docteurs; je crois que c'est d'ailleurs un peu ce qui est arrivé en France où, pendant un temps, il fallait avoir l'équivalent d'une maitrise pour se trouver un bon emploi. En bout de ligne, le marché du travail fonctionne également avec la loi de l'offre et la demande ... si on augmente l'offre, on diminue sa valeur.

Pour en revenir à l'accessibilité, je tiens également à souligner que le code civil fait en sorte que tout parent est tenu (comme dans "obligation") de supporter l'éducation de leurs enfants même passé 18 ans et il n'y a pas de clause qui indique réellement un "seuil" d'éducation minimal à fournir, c'est d'ailleurs la-dessus que se base le calcul des prèts et bourses; vous pourriez donc être tenu de payer cette hausse pour vos enfants que vous le vouliez ou non.

Parlant de prèts et bourses, je crois que le système est un peu désuet dans le sens où de toute façon de moins en moins de parents contribuent à l'éducation post-secondaire de leurs enfants, je crois donc que le systèmes ou du moins la méthode de calcul devrait être adaptée à cette réalité. Par exemple, je trouve un peu ridicule que le montant de bourse (non-remboursable) soit en fonction du salaire familial (donc AVANT la fin du diplôme) et non le salaire après la fin des études; c'est donc dire qu'un médecin venu de famille pauvre recevra plus d'argent "gratuit" que le designer intérieur de famille riche, bien que le premier, à sa sortie d'école, fasse probablement 3-4 fois plus comme salaire.

Finallement, tous les diplôme non sont pas nécessairement "égaux", pas au sens de leur valeur, mais au sens de leurs coûts. Je connais plrs personnes qui ont étudié en informatique à temps partiel à l'UQAM et, de par leur expérience précédents, ils se faisaient créditer environs une session complète soit 4 cours en moyenne sur un programme de ~30 cours (~13% du programme) ce qui rendait la chose un peu plus "possible". Moi j'ai fait mes études en informatique à l'ETS, donc un programme de 120 crédits au lieu de 90 et ils ne créditent rien du tout ou presque (je me suis fait crédité un stage pour 3 ans d'expérience en informatique). J'ai commencé à temps partiel et je me suis rendu compte qu'à ce rythme, il m'aurait fallu près de 7-8 ans à coup de 2 cours par session, 3 sessions par année sans jamais avoir de pause (la semaine de relâche à l'ETS, c'est un vendredi de congé ... sans blague). C'est un programme qui est donc assez demandant et qui ne donne réellement pas bcp plus de reconnaissance qu'un Bac de l'UQAM; je l'ai simplement choisi pcq'il offrait un défi supplémentaire du fait que ce programme assume un Dec en informatique comme préalable.

(suite dans un autre message)

Zenthar said...

Ah oui, et outre le fait que mes parents m'ont permis de retourner vivre chez eux pour finir à temps plein (moyennant une certaine pension), j'ai du payé la totalité de mes études sans aucun prêt, sans aucune bourse, parce que le salaire de mes parents étaient "trop élevé"; mon diplôme m'aura donc couté probablement 15-20K$ et la hausse représenterait une augmantation de facilement 5K$ (programme de 4 ans).

Comme je l'ai dit au début, j'aimerais croire en la gratuité, mais c'est probablement plus un idéal qu'une réalité possible. Je crois cependant qu'il faut prendre les choses en perspective pour s'assurer que les gens qui ont du talent et qui pourraient réellement contribuer au marché du travail puisse se développer au maximum sans que l'argent soit le premier facteur de démotivation.

Mathieu Trudel-Lapierre said...

Merci Zenthar, pour des propos très intéressants. Je suis d'accord avec toi, l'argent ne doit pas être un facteur de démotivation, mais de là à dire "gratuité"... De ce côté, une gradation des *prêts* et de leurs modalités de remboursements sont une excellente idée, en fonction de l'apport futur à la société. Pour les bourses, c'est sensé être "donné", non? ;)

Quant à la différence avec tes cours à l'ETS, c'est que l'ETS donne des cours en génie plutôt qu'en science. Ca a tendance à changer un peu la donne parce que c'est plus difficile à créditer sur base d'autres cours et d'expérience, c'est plus technique "les mains à la pâte". Le préalable est aussi un peu plus important qu'un DEC en informatique, parce qu'il requiert également des cours supplémentaires en maths (et en chimie ou quelque chose du genre, non?).

Sur le sujet de vivre chez les parents: je ne vois pas pourquoi ca semble être vu si mal -- le fait est que d'y rester le plus longtemps possible aide beaucoup à pouvoir continuer d'étudier. Je comprends que certains doivent aller étudier en dehors des régions pour des programmes pointus, mais je ne pense pas non plus que c'est le cas de la majorité des gens. Pourquoi pas en profiter, ne serait-ce qu'au prix de jouir d'un peu moins d'intimité pendant ce temps-là. Ca reste dans tous les cas un choix personnel, et certains n'ent ont tout simplement pas la chance; et ça c'est tout à fait compréhensible.

Zenthar said...

En fait je ne dit pas que c'est mal de retourner chez ses parents, au contraire que de rester chez ses parents, si possible, est la solution la plus "financièrement responsable"; la gratuité scolaire veut pas dire la gratuité de ton loyer pendant tes études :P. En fait je le mentionnais plus dans le sens où je n'ai eu aucune aide financière de personne, ni du gouvernement (auquel je n'étais même pas éligible à cause du salaire de mes parents) ni ce ces derniers (outre ébergement, mais je ne leur en tien pas rigueur). Je trouve simplement dépassé l'assomption que les parents contribuent aux études de leurs enfants quand ce n'est visiblement pas tjrs le cas peu importe la situation financière.

Pour ce qui est de l'ETS, en effet, les stages (rémunérés en plus), font en sorte que le programme est plus long, mais il donne également un revenu supplémentaire; ça pourrait peut-être être une voie pour aider d'avantages les étudiants à financer leurs études: plus de programmes COOP.

Mathieu Trudel-Lapierre said...

Zenthar, en effet, je suis 100% d'accord. Désolé si ca ne paraissait pas être le cas.

Pour ma part, je ne veux pas utiliser un programme Coop par contre. J'ai déjà un emploi qui m'occupe à 200% :)

Zenthar said...

Dans le cas où l'emploi occupé se trouve dans le domaine étudié et qu'il répond aux critères, il est facile de le faire reconnaître comme stage. Et le fait qu'une telle reconnaissance s'accompagne de crédits d'impôts pour l'entreprise, elle est même souvent ouverte à modifier certaines tâches pour mieux l'accomoder, ce fut le cas pour mon 2e stage.